Pâtisserie classique et gestion du diabète

Comment et pourquoi nous pouvons dire qu’aujourd’hui avec les pâtisseries de mon livre, « gourmandise » et « diabète », deux ennemis héréditaires, se sont réconciliés ?

Peut-on manger de tout lorsque l’on est diabétique ? En effet, on peut manger de tout, mais pour certains aliments avec modération et pour d’autres, comme la pâtisserie par exemple, avec prudence pourrions-nous dire. D’ailleurs, la question de la pâtisserie, ou bien du sucre, dans l’alimentation des personnes diabétiques apparaît parfois ubuesque. On entend certain dire qu’un diabétique a le droit au sucre, pour finalement nuancer plus loin en disant qu’il est préférable de prendre du pain complet plutôt que du pain blanc parce qu’il influence moins la glycémie.

Un diabétique aurait donc le droit de manger du sucre et pas du pain blanc ?

Je plaisante, le problème est qu’on ne peut pas supprimer tous les plaisirs de la vie, alors on nuance, voire on se ment à soi-même. Mais la réalité clinique est bien que le sucre influence directement et considérablement la glycémie dans le sang et la pâtisserie classique est bien le numéro 1 des produits alimentaires sucrés.

En effet la pâtisserie à la particularité d’être très chargée en glucides, et en glucides ayant des index glycémiques élevés ce qui entraînent des charges glycémiques considérables. De fait, gérer son diabète en étant gourmand est alors un vrai parcours du combattant.

Dans le diabète de type 1

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D’un point de vue théorique, cela paraît simple : « il suffit de s’injecter la quantité nécessaire d’insuline pour compenser l’élévation de la glycémie que va provoquer la pâtisserie dégustée ». L’ITF ou l’insulinothérapie fonctionnelle, en dehors de la glycémie basale, se réduit à cet équilibre. Oui mais est-ce si simple que cela ? Et est-ce sans conséquence ? Trop ou trop peu d’insuline, tel est l’enjeu. Si un diabétique de type 1 s’injecte trop d’insuline il risque une hypoglycémie radicale et un coma, s’il s’en injecte pas assez, il sera alors en hyperglycémie et devra faire ultérieurement un bolus de correction, donc une injection supplémentaire, avec finalement de nouveau le même risque. Mon époux me disait qu’être gourmand et diabétique de type 1 c’était : « vivre dangereusement » ! En effet, car pour compenser une pâtisserie traditionnelle, les doses d’insuline qu’il faut parfois s’injecter font froid dans le dos, et plus la quantité d’insuline injectée est conséquente et plus les conséquences d’une erreur seraient préjudiciables. Où est donc le plaisir de la gourmandise ici ?

Dans le diabète de type 2

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Ici, la personne est plus passive, d’une certaine manière, puisque le pancréas produit encore de l’insuline, mais il peine à le faire. Et, plus le temps va passer et plus ce travail sera compliqué, voire nécessitera l’aide d’injections d’insuline également. Ainsi, la pâtisserie classique, avec ses charges glycémiques très élevées va demander au pancréas un effort considérable puisqu’il devra couvrir un pic glycémique important. D’ailleurs dans les débuts du diabète de type 2, en apparence la glycémie ne s’élève pas trop, mais c’est au prix d’une fatigue pancréatique qui favorisera l’évolution de la maladie. La pâtisserie classique dans le diabète de type 2 est donc à consommer avec une très grande modération. Là encore où est le plaisir de la gourmandise ?

 

La pâtisserie pour diabétiques, telle que je l’ai revisitée dans mon livre n’entraîne pas d’élévation importante de la glycémie. Les charges glycémiques aux alentours de 5 redonnent à la gourmandise sa vertu de plaisir, puisqu’une charge glycémique en deçà de 10 influence peu la glycémie.

La pâtisserie n’est donc plus l’ennemi juré du diabète !