L’origine

 

Pour que le diabète ne soit plus un frein à la gourmandise !

 

De la frustration…. au plaisir.

A 42 ans, passionnée de pâtisserie depuis de nombreuses années, j’ai vécu avec frustration l’arrivée, une nouvelle fois, du diabète dans ma famille. En effet, quelle satisfaction que de créer, transformer des matières premières qui, en un tour de main, donneront au final une explosion de plaisir pour la vue comme pour le palais. Parfois même notre souffle se coupe, au moment d’une cuisson, ou bien d’un dressage complexe, nous sommes alors pris d’un sursaut d’adrénaline qui fait de la pâtisserie un moment d’extase où le sentiment de réalisation de soi s’exprime fortement. Entre fierté et plaisir, pâtisser procure donc une multitude d’émotions qu’il nous serait certainement difficile de retrouver ailleurs.

Dans l’expression « faire un gâteau », il y a « faire » au sens de transformer, mais surtout celui de « faire plaisir ». Par conséquent, à la découverte du diabète de mon mari, cette frustration de ne plus pouvoir pâtisser avec du sucre et de la farine (de blé ou de maïs) pour l’ensemble de ma famille, me conduisit à chercher des recettes de gâteaux pour diabétiques.

J’en découvris alors de nombreuses mais qui oscillaient entre « pseudo-recettes » pour diabétiques fortement chargées en glucides complexes et desserts immondes, palots et visqueux, au goût très prononcé d’édulcorants.Il semblait donc que les diabétiques n’avaient finalement pas d’autres choix que de profiter des plaisirs de la pâtisserie en payant le prix fort de l’hyperglycémie et de ses conséquences sur la santé, ou bien de s’abstenir et de vivre avec la frustration qu’engendre la privation. Gourmandise et diabète semblait donc être une rencontre improbable.

 Comment faire un « beau » et « bon »gâteau sans sucre et sans farine de blé ?

En effet, car le problème n’est pas tant le sucre mais bien les glucides. D’ailleurs, pour résumer toute la problématique de la pâtisserie pour les diabétiques, nous pourrions dire simplement, qu’il ne suffit pas de remplacer le sucre par des édulcorants pour faire d’un gâteau normal, un gâteau pour diabétiques, puisqu’il y a dans la farine de blé entre 60% et 70% de glucides .Dès lors, comment faire un beau et bon gâteau, digne d’être nommé « pâtisserie » sans farine ? Telle est finalement une des problématiques principales de la pâtisserie pour diabétiques.

Avec le temps, lasse de mes essais infructueux et insatisfaisants, à mon goût, je finis par me résigner, en me disant que si personne n’avait encore trouvé la solution pour faire de bonnes pâtisseries sans sucre et faibles en glucides, c’est que sans doute il n’y en avait pas ! Puis, le hasard faisant bien les choses, un jour alors que je regardais une émission télévisée sur la pâtisserie, j’entendis le chef pâtissier, présentateur de l’émission dire à l’un des candidats :

« La pâtisserie c’est de la chimie. Chaque ingrédient joue un rôle et c’est une question de dosage ».

C’est alors que l’idée m’est apparue : peut-être fallait-il tout simplement tenter d’explorer et de comprendre les propriétés physiques de chaque ingrédient pour trouver leurs substituts possibles ? Le but n’était pas de faire de la pâtisserie « moléculaire » et encore moins d’en faire une discipline scientifique mais bien d’étudier les justes dosages et la rencontre entre ingrédients.

Forte de cette nouvelle vision des choses qui s’ouvrait à moi et de l’espoir qu’elle suscitait, je ressortis mon robot pâtissier et me remis au travail et en quête d’informations.Mon objectif était certes ambitieux, mais finalement simple puisqu’il s’agissait de tenter de « faire » d’aussi beaux et bons gâteaux que les traditionnels, mais pour diabétiques.D’autant que j’évolue dans une famille de diabétiques puisque ma mère et ma belle-mère le sont également depuis 40 ans et n’avaient plus l’occasion depuis bien longtemps de manger de bonnes pâtisseries sans culpabiliser. Tout cela renforça ma motivation.

Mon objectif: trouver le juste équilibre !

Après quelques semaines de réflexion, j’ai finalement envisagé de suivre trois axes de travail pour réaliser ces expériences de substitution. A savoir, d’analyser les classiques de la pâtisserie d’un point de vue :

  • de la quantité de glucides
  • de la texture
  • du goût

Avec l’aide de mon époux, diabétique de type 1 et psychologue clinicien de métier qui a une grande connaissance du diabète puisqu’il a mené une recherche pendant 5 ans sur le diabète pour essayer de comprendre les effets psychologiques de cette maladie, j’entrepris de substituer le sucre et la farine par d’autres ingrédients en ayant comme unique objectif de créer un équilibre dans la pâtisserie que je tentais de réaliser, mais aussi en cherchant à réduire considérablement sa charge glycémique.

La naissance du livre:

Au fil du temps la pâtisserie pour diabétiques vit donc le jour, sans pour autant que l’idée d’éditer un livre m’effleure.

C’est au cours d’un goûter dominical auquel étaient conviées 4 personnes diabétiques de ma famille (de tous types 1 et 2) et alors qu’ils semblaient se régaler avec un « Opéra » (dont la recette figure dans le livre) que l’un d’entre eux dit:

« quelle chance on a de pouvoir, de nouveau, retrouver le plaisir de déguster de bons gâteaux sans risquer l’hyperglycémie ! »

Cette phrase me percuta et me fit penser aux nombreux autres diabétiques mais aussi, et surtout, aux enfants souffrant de cette maladie et qui ne peuvent plus, comme tout enfant, manger une pâtisserie,  organiser un goûter d’anniversaire ou bien même y être convié, sans conséquence sur leur santé.

Alors, motivée par l’unique pensée que les recettes que j’avais élaborées pour l’équilibre et le plaisir de ma famille, pourraient également permettre à d’autres familles touchées par cette maladie de mieux vivre, j’entrepris l’écriture d’un manuscrit.

Je pris contact avec les Editions Albin Michel qui très rapidement furent séduites par le sérieux du projet et l’idée d’être acteur aussi de l’amélioration de la qualité de vie des diabétiques. Dés lors, tout s’accéléra et aujourd’hui je suis heureuse de vous offrir ces 80 recettes qui je l’espère vous permettront de combler de nouveau votre gourmandise SANS CULPABILITE.